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FOUGEROLLES-LE-CHÂTEAU

PROMENONS-NOUS SUR LA COMMUNE par Florent NURDIN

«Quittez le centre, et enfoncez-vous dans le lacis de nos chemins, vous y découvrirez des merveilles…»

Henri Coulin 1977

Partons en excursion, à la découverte de ce grand territoire de 5 112 hectares.

ETAPE 3  : FOUGEROLLES-LE-CHÂTEAU

Quelques mots de son histoire…

 

Fougerolles-le-Château, du fait de sa situation géographique dans la vallée de la Combeauté, était probablement à l’origine, un lieu de marais dû à la fonte des glaciers vosgiens. Une vaste forêt épaisse recouvrait la région. Puis le défrichement eut lieu et des cabanes se construisirent pour accueillir le bétail vivant en permanence sur le terrain.

Vers 1050 un certain Jehan venant de Faucogney reçoit la terre de Fougerolles. Il construit un château fort d’une certaine importance sur une butte en rive droite où l’on peut admirer une vue sur la vallée (des hauteurs de Faymont jusqu’en  aval de Fougerolles). C’est l’origine du nom de Fougerolles-le-Château. Le défrichage se poursuit aux alentours, et des habitations solides sont construites en contrebas du château. N’oublions pas que Fougerolles-le-Château était, alors plus peuplé que Fougerolles qui venait seulement de naître. Ainsi le maire, receveur en cette époque reculée, convoque les habitants sur la place publique de Fougerolles-le-Château. Des moulins se construisent et de nombreux corps de métier occupent les habitants.

En 1853 la construction de la filature de Fougerolles-le-Château fait que la population augmente de manière importante. Le 11 juin 1881 voit l’inauguration de la ligne de chemin de fer d’Aillevillers à Faymont qui passe dans le village.

 

Photos anciennes de Fougerolles-le-Château (premier quart du XXe siècle)

 


              

Son  château…

 

Les habitants de «  Fouchérieulles » cherchèrent un protecteur, ils tournèrent leurs regards vers la maison de Bourgogne. Un souverain leur fut promis et ce fut un seigneur de la baronnie de Faucogney. Sur cette terrasse fluvio-glaciaire, vers 1050, Jehan, fils du baron de Faucogney  reçoit les terres de Fougerolles (Corbenay, Cendrecourt, Le Val d’Ajol, Cornimont, et Xoulces), il construit son château fort. Autour de ce dernier, un défrichage est établi ainsi qu’un vaste jardin. Son fils Renaud lui succède en 1080, puis son petit-fils Renaudin en 1106 qui avait construit, dit-on, de vastes souterrains pour la fuite si nécessaire… La seigneurie de Fougerolles dépendait à la fois des Ducs de Lorraine et de Bourgogne suivant les changements de propriétaires.

De nombreux seigneurs se succèdent : Gérard (1133), Cirricus (1208), Garsire puis Thirroy en 1228. Matthieu II, duc de Lorraine, occupe le château fort en 1237. Même des prieurs venus d’Hérival ont obtenu la seigneurie de Fougerolles, comme Jean en 1248, puis Renaudin II après 1291. Un certain Guillaume, prieur d’Hérival est sire de Fougerolles en 1302. Puis en 1316 Jean II est nommé seigneur du lieu.

Enguerrand (fils de Guillaume) et Hugues (fils de Jean II) sont co- seigneurs de 1343 à 1370. Suite à un meurtre commis par Hugues, la seigneurie de Fougerolles revient au sire de Blamont (seigneur Lorrain) de 1376 à 1455, puis remise au sire de Dinteville (seigneur de Bourgogne)  de 1456 à 1607. De 1501 à 1704, Fougerolles, convoitée tantôt par les Lorrains, tantôt par les Bourguignons, est déclarée « terre de surséance », lui permettant beaucoup d’autonomie, dont celle du droit de justice et aussi de battre monnaie…

 

La plus ancienne représentation connue du château, figurant sur un guide touristique du milieu du XIXè siècle.

 Le château est repris par dame Léonore de Saulx et Aimé de Rochechouart de 1608 à 1622, puis Gouffier jusqu’en 1626, date où Paul Bernard, comte de Fontaine (famille Lorraine) puis Paul Bernard de Raigecourt prennent la seigneurie de Fougerolles jusqu’en 1663. Un partage des terres est alors décidé : pour 7 douzièmes se succèdent  les maisons de Lorraine-Lillebonne, de Melun, de Rohan-Soubise. Pour les 5 autres douzièmes : de la Porte de Vézin jusqu’en 1798 où Charles François Bolangier devient propriétaire et seigneur de Fougerolles jusqu’en 1824. C’est alors que prennnent fin la seigneurie de Fougerolles et les droits féodaux… Et le château devient une maison de plaisance avec comme propriétaires : Croissant, Gallaire, Gustin, Bert, Nardin. En 1875, Alphonse Murbach, le filateur reprend la construction de 1717 faite par la comtesse de la Porte en agrandissant le château vers le nord tout en s’adaptant au goût architectural de l’époque. Puis la famille Antoine s’y établit le 10 mai 1904 et y demeure encore aujourd’hui...

 

Le château fut détruit plusieurs fois : en 1636 au cours de la Guerre de Trente Ans, en 1795 (révolte royaliste à Fougerolles), puis en 1815… Le château comprend des éléments anciens encore visibles (les tours Nord et Ouest et la muraille côté Sud). Le château comprenait aussi une chapelle dédiée à Saint Barthélemy détruite pendant la guerre de Dix Ans…

Divers aspects du château dans les premières années du XXe siècle.

Sa filature de coton... (1853-1991)

Le 23 mars 1853, Joseph Murbach, venu d’Alsace, demanda au préfet de la Haute Saône l’autorisation de convertir en filature l’ancien moulin du Château. Ce moulin était situé sur une dérivation de la Combeauté et au pied des ruines du Château le long de la route médiévale de Fougerolles le Château à Plombières les Bains. Il construisit un bâtiment à 2 étages où furent montées les machines à filer le coton appelées « renvideurs ». La force motrice était assurée à l’origine par une roue sur le canal du moulin, remplacée plus tard par une turbine. Il installa bien vite une chaudière et une machine à vapeur et fit aussi l’achat de 4 hectares de terrain autour de la filature en 1862. La filature Murbach connut 50 années de prospérité. Les deux fils Alphonse et Emile Murbach lui succédèrent en 1865. Malgré les difficultés de 1870 (guerre de Sécession des Etats-Unis, l’unique fournisseur), des réalisations importantes furent créées : nouveau canal aménagé (600m de long), extension des bâtiments de production, d’entretien et d’habitation, création de logements d’ouvriers. A ce moment là on comptait 100 ouvriers et une production de 500 kg de fil par jour... Emile Murbach mourut en 1898 et Alphonse Murbach en 1903. C’est le petit-fils d’Alphonse, Maurice Chané qui n’avait que 21 ans, qui reprit l’entreprise familiale. Mais le contexte de modernisation du matériel pour adapter l’entreprise aux techniques nouvelles  devint un grand enjeu, donc il procéda à la vente de l’ensemble industriel…

En 1904, Auguste Antoine, d’origine vosgienne, issu d’une famille du textile depuis plusieurs générations, acheta cet ensemble. L’ancien matériel de filature fut remplacé, de même que les chaudières et la machine à vapeur, puis la Première Guerre mondiale de 1914-1918 arrivant, les femmes remplacèrent les hommes partis au front...

De nouveaux bâtiments et une extension voient le jour après 1920 et jusqu’en 1930. La vieille filature Murbach à étages disparaît, pour laisser place à une surface de 7000 m2 couverte de ses toits en dents de scie (sheds). En 1925 Marcel Antoine, son fils, et Paul Jacamon son gendre reprennent l’entreprise familiale. La Deuxième Guerre Mondiale de 1939-1945 arrive et l’usine tourne au ralenti à cette période, puis les bâtiments sont réparés des traces de la guerre. En 1947, la filature est reliée au réseau EDF. En 1971, Jacques Antoine et Pierre Jacamon, deviennent gérants de l’entreprise, qui emploie 168 ouvriers et produit jusqu'à 160 tonnes par mois de fils divers. Après la retraite de ses deux dirigeants, la filature connaît de nouveaux repreneurs. Mais, dans un contexte de crise du textile, elle cessera définitivement son activité en septembre 1991…

«  Le tic-tac des moulins avait laissé place au roulement profond des machines à filer. Désormais, le silence, ponctué par les bruits de la nature toute proche et par l’agitation des hommes, s’est installé pour longtemps sans doute. »

Jacques ANTOINE

La filature vers 1920 La filature en 1965  

Remerciements et ouvrages à consulter :

Je remercie Jacques ANTOINE pour ses descriptions sur le château et la filature.

Je remercie  Bernard SIMON pour les nombreux renseignements fournis sur le site de Fougerolles-le-Château.

«  Fougerolles, son patois, son folklore, ses traditions populaires, ses coutumes ». Pierre Grandjean. 1979. (ouvrage épuisé).

« Un Amour de Terroir ». Pierre Grandjean. 1994.

«  Histoire de la Seigneurie de Fougerolles » Françoise Taiclet, Michel Valentin, Bernard Simon. 2004

«  De l’Orgueil à l’amertume, une histoire de la filature de Fougerolles le Château ». Olivier Peyre, Jacques Antoine, Bernard Simon. 2005. (ouvrage épuisé).

« Fougerolles, La Vaivre, à la croisée de nos chemins ». Pierre Grandjean, Bernard Simon. 2013.

Les ouvrages disponibles sont à découvrir à la Maison de la presse de Fougerolles.

 

 

 

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